Assises de la Loire : 18 ans de réclusion criminelle pour un homme qui a découpé sa femme en deux

Le palais de justice de Saint-Etienne / photo ACTIV

La cour d’assises de la Loire a condamné mardi soir à 18 ans de réclusion criminelle un Sierra-Léonais de 44 ans reconnu coupable d’avoir tué, puis découpé en deux le corps de son épouse nigériane retrouvé dans un barrage de Saint-Chamond. Agé de 44 ans, cet ex-enfant soldat psychotique, réfugié de la guerre civile qui a ravagé son pays, déjà condamné en correctionnel pour des violences, se voit par ailleurs imposer huit années de suivi socio-judiciaire. A l’énoncé du jugement, le quadragénaire, père de six enfants nés de trois femmes successives depuis son installation en France, en 2001, n’a pas exprimé de réaction.

La présidente de la cour d’assises a indiqué que la condamnation retenue pour le meurtre de son épouse est inférieure aux 20 années de réclusion requises par l’avocat général, André Merle, pour tenir compte de « l’altération de son discernement ».

Pas de preuve matérielle de sa culpabilité

A défaut de preuve matérielle et d’aveu de l’accusé, les jurés ont du forger leur intime conviction à partir du dossier d’instruction et des explications de l’accusé, qualifiées d’ « évolutives et pas toujours cohérentes » par la magistrate.

Le 10 septembre 2015, un marcheur pensait avoir découvert des restes putréfiés d’un animal dans un sac poubelle qui flottait dans l’eau du barrage de Soulage, sur les hauteurs de Saint-Chamond. Le service d’équarrissage arrivé sur place le lendemain a constaté qu’il s’agissait d’une moitié de corps humain. L’autre partie a été trouvée dans un second sac poubelle sur une rive du barrage. Le mari maintient que son épouse a quitté leur domicile de La Ricamarie le 14 février 2014, jour de la Saint-Valentin, et qu’elle est définitivement repartie au Nigéria.

L’enquête a émis l’hypothèse qu’il a conservé le corps de sa femme près d’un an et demi dans leur congélateur, jusqu’à une coupure de courant survenue au début de l’été 2005. A l’audience où elle était partie civile pour l’enfant du couple, qui aura huit ans le mois prochain, via l’association Enfance et Partage, Me Annick Sadurni, a quant à elle regretté que sa famille d’accueil, constituée par la première des trois femmes successives de l’accusé, « continue de lui laisser croire que sa mère est toujours en vie ».

Le palais de justice de Saint-Etienne / photo ACTIV

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