Deux nouvelles marques qui renouent avec la fibre textile roannaise !

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Qui a dit que le textile était mort à Roanne ? Une centaine d’entreprises continue de perpétuer le savoir-faire du territoire, de Devernois à Griffon en passant par ITHAC, et maintiennent 2000 emplois dans le secteur, malgré la vague de délocalisation qui l’avait mis à mal dans les années 1980 et 1990. Si l’industrie textile peut continuer de s’appuyer sur des compétences dans le Roannais, elle découvre encore de nouveaux projets plein de fraîcheur et de créativité. Ainsi cet été, deux nouvelles marques ont été créées à Roanne, et elles illustrent chacune à leur manière le lien indéfectible entre le nord du département et la mode.

© Les Tricots Marcel

© Les Tricots Marcel

Le Marcel fait son come-back

A 44 ans, Thomas Sardi est loin d’être un inconnu dans le paysage du textile roannais. Sa mère, Christiane Villard, avait fondé Mado Marcel à Neaux au début des années 1980, et il a œuvré dans l’entreprise familiale de prêt-à-porter féminin durant plus d’une quinzaine d’années avant d’ouvrir une parenthèse de six années en Indonésie. Lors de son retour dans sa région natale en 2017, le quadra avait une idée en tête : replonger dans le textile, mais avec une approche plus artisanale. Un post Facebook est venu lui rappeler les origines roannaises de l’iconique débardeur Marcel, créé au XIXe siècle et popularisé au milieu du XXe sur les plages françaises. Las, les Etablissements Marcel ont été l’une des innombrables victimes collatérales de la crise industrielle des années 1970. Thomas Sardi a flairé la bonne idée et redonné vie à l’entreprise rebaptisée Les Tricots Marcel, pour faire du maillot de corps sans manche un produit chic qui surfe sur la vague vintage.

© Marchill

© Marchill

Marchill, des chaussettes avec des valeurs

Autre parcours. Autre style aussi. Léo Billet-Simon, un ostéo de 35 ans installé au Coteau, ne donne pas que dans la manipulation osseuse et musculaire. A ses heures perdues, ce sportif amateur de triathlon file sur le littoral atlantique ou en haut des sommets pour s’adonner à son autre passion : la glisse. Plus qu’un loisir, une philosophie de vie pour celui qui «chille» aussi en skate et avoue une passion pour la mode. L’idée de créer une marque lui trottait dans la tête, et ce sont les chaussettes qui se sont rapidement imposées dans son esprit pour leur universalité. Complètement novice, il a construit l’identité de Marchill, dont il a tout dessiné (logo, modèles), et à laquelle il a insufflé les valeurs familiales qui lui sont chères, à l’image de son choix de reverser une partie des bénéfices à l’association FlexyFamily pour promouvoir les sports de glisse auprès des plus jeunes.

Le made in France

Lancées à quelques semaines d’intervalle durant l’été, Les Tricots Marcel et Marchill partagent quelques points communs, comme celui de miser sur le made in France. Fabrication 100 % locale même pour les débardeurs Marcel, tandis que les chaussettes Marchill sont confectionnées près de Limoges dans une entreprise familiale. Les deux gammes ont été éditées respectivement à 400 et 300 unités et s’appuient principalement sur la vente en ligne. Thomas Sardi et Léo Billet-Simon ont toutefois commencer à développer leur réseau de distribution : le concept store Alice & Malo à Roanne pour le premier qui vise ensuite un déploiement sur Paris, les métropoles régionales et les stations balnéaires. La boutique roannaise I.Code et un point de vente à Hossegor pour le second, qui équipe déjà la basketteuse internationale Alix Duchet.

Journaliste
Commentateur des matchs de la Chorale de Roanne