Inscription de Le Corbusier à l’Unesco: décision « différée »

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Le Corbusier n’est pas écarté, mais pas inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Ainsi pourrait-on résumer la situation. Comme ils l’avaient fait en 2009 à Séville, les experts de l’Icomos, chargés d’auditer pour l’Unesco la candidature transnationale de Le Corbusier, ont remis un rapport « peu favorable ». En cause, selon le Conseil international des monuments et des sites: « La construction technique de la candidature. »
Le Corbusier va donc devoir revoir une nouvelle fois sa copie. Une déception forcément pour le maire de Firminy, Marc Petit: « L’ensemble des membres de l’association des sites Le Corbusier, les experts scientifiques chargés de la rédaction du dossier, la Fondation Le Corbusier et les représentants des ministères des six pays ont été étonnés, souvent même choqués, par le contenu de ce rapport qui comprend plusieurs erreurs factuelles. En effet, nous avions le sentiment d’avoir répondu aux demandes du comité du patrimoine mondial de Séville de juin 2009. »
Y a-t-il eu un effet Rama Yade ?
La démission de l’ambassadrice de la France à l’Unesco, Rama Yade, a-t-il eu un effet pervers sur la candidature du patrimoine Le Corbusier ? Marc Petit en est convaincu: « Cette décision, liée à des désaccords avec le Président de la République, a été très négative auprès des cinq pays partenaires », estime Marc Petit. Et d’ajouter, pour enfoncer l’ancienne secrétaire d’État chargée des droits de l’Homme: « Le jour de l’annonce très médiatique de la démission de Mme Rama Yade, les six pays porteurs du dossier se réunissaient à Paris. Ils ont décidé de ne pas proposer au Comité l’inscription de notre dossier sur la liste du patrimoine mondial mais le différemment. » Une décision dénoncée avec vigueur par l’édile appelou: « Concrètement, la France a fait marche arrière sur notre dossier, privilégiant le dossier des Cévennes parmi les deux présentés (…) Les jeux étaient faits d’avance. Je me félicite que les Causses et les Cévennes soient classées sur la liste du patrimoine mondial mais nous aurions pu obtenir le classement des deux dossiers présentés par la France. » Et maintenant ? Le Corbusier va devoir, une nouvelle fois, revoir sa copie. Restreindre sans doute la liste des prétendants à l’Unesco et certainement intégrer le patrimoine de Chandigarh (Inde) dans cette candidature pour arriver à ses fins.

Cyril Michaud