Le Cardinal Barbarin songeait à démissionner bien avant son procès

Le cardinal Philippe Barbarin au premier jour de son procès à Lyon, le 7 janvier 2019. REUTERS/Emmanuel Foudrot

L’actu cette fin de semaine est marquée par la condamnation à 6 mois de prison avec sursis du Cardinal Barbarin. L’archevêque de Lyon est reconnu coupable par le tribunal correctionnel de non-dénonciation d’abus sexuels sur mineur. Des actes commis par le Père Preynat, ancien curé du Roannais. L’association La Parole libérée, par qui est arrivée cette affaire parle d’un « un signal très fort ». Le Cardinal Barbarin va faire appel et il va surtout démissionner…

« Dans la tête des gens, c’est moi le pédophile »

Démissionner, l’Archevêque de Lyon « y pense depuis longtemps », nous dit une source amie du Cardinal Barbarin. Avant son procès, sans avoir prononcé le mot « démission », il confiait à cette personne sur un ton presque désabusé : « de toutes façons, dans la tête des gens, c’est moi le pédophile ».

Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Et bien sur le plan judiciaire, il y aura un procès en appel dans plusieurs mois. Les avocats de l’archevêque ont été clairs. lls maintiennent qu’il n’y a aucune des conditions qui permettent la condamnation de leur client.

Le Pape peut très bien refuser sa démission

Sur le plan ecclésiastique, Monseigneur Barbarin va donc remettre sa démission au Pape François, au Vatican. Il faut que le souverain pontife, bien sûr, l’accepte… Le Diocèse de Lyon, dont dépend le Roannais, verra alors arriver par la suite un nouvel évêque, nommé par le Pape, à partir de listes transmises à Rome par une sorte d’ambassadeur auprès du Vatican… Les évêques ont le droit, d’ailleurs, de faire des propositions. Mais le processus peut prendre du temps. Les qualités requises pour devenir évêque ? Il faut avoir selon le code de droit canonique « une foi solide, de bonnes mœurs, la piété, le zèle des âmes, la sagesse, la prudence et les vertus humaines ». Avoir au moins 35 ans, être prêtre depuis cinq ans, et posséder au moins la licence en théologie.

Le cardinal Philippe Barbarin au premier jour de son procès à Lyon, le 7 janvier 2019. REUTERS/Emmanuel Foudrot

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