Saint-Etienne : Régis Peyrard, un ex-prêtre forézien jugé pour agressions sexuelles

Le palais de justice de Saint-Etienne / photo ACTIV

Régis Peyrard, 85 ans, qui a renoncé cet été au statut de prêtre à la demande de sa hiérarchie, devra répondre, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne, de l’accusation d’agressions sexuelles commises sur un enfant qui avait alors entre 11 et 12 ans, en 1991 et 1992, à Villars et en Savoie.

« Maxime est aujourd’hui âgé de 38 ans. Ses plaintes déposées en 2000 et 2001 avaient été classées sans suite, avant qu’une autre, de 2017 ne débouche sur l’ouverture d’une enquête quelques mois plus tard (…) Il sera présent à l’audience », annonce son avocat, Me Jean Sannier. Ce chef d’entreprise stéphanois est la seule victime non-prescrite au terme de la loi, parmi les innombrables jeunes garçons qui ont la malchance de croiser la route du père Peyrard, selon l’avocat qui en représente une dizaine.

Combien de victimes ?

L’estimation du nombre total de victimes potentielles de ce curé – qui a exercé à Montbrison et à La Talaudière – va de quelques dizaines à une centaine, selon les sources. Depuis l’an dernier, sept autres plaintes ont été enregistrées auprès du parquet de Saint-Etienne et une devant celui d’Alberville, en Savoie. Elles ont été classées sans suite du fait de la prescription qui intervient 30 ans après le moment ou les victimes atteignent l’âge de la majorité.

L’évêque de Saint-Etienne, Mgr Sylvain Bataille, qui annonçait en avril dernier avoir « transmis son dossier (ndlr : du père Peyrard) à Rome, à la Congrégation pour la doctrine de la foi qui, seule, a autorité pour statuer de façon définitive », a obtenu cet été de l’octogénaire qu’il demande lui-même à être réduit à l’état laïc. Autrement dit, ce n’est pas un prêtre, mais un ex-prêtre qui sera devant le juge mardi après-midi.

Une révélation qui fait bondir le prêtre drômois Pierre Vignon, récemment évincé de son poste de juge auprès du tribunal ecclésiastique de Lyon, après avoir demandé la démission de Mgr Philippe Barbarin. « Cette mise à l’écart aurait du être prononcé par le Pape (…) si on a tordu le bras à Régis Peyrard pour qu’il demande lui-même son retour à l’état laïc c’est de la pure magouille », s’offusque-t-il.

Le palais de justice de Saint-Etienne / photo ACTIV

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