Basket : le huis clos, Jean-Denys Choulet est «archi contre»

Photo Georges Burellier

C’est ce mardi que la Ligue nationale de basket se réunit en assemblée générale pour décider de la suite de la saison en Jeep Elite et en ProB. Alors que les championnats avancent au ralenti depuis la fin octobre et le huis clos dans les salles de sport, les présidents des clubs vont se prononcer quant à la tenue de deux nouveaux matchs pour chaque équipe sans public d’ici la prochaine trêve internationale à la mi-février.

Sans droits TV, la LNB est dépendante des recettes autour des matchs pour alimenter le budget des clubs. Et en mai dernier, les présidents avaient voté le principe de ne pas disputer de ne pas pouvoir être contraints à jouer en cas de huis clos décrété. Oui mais voilà, une nouvelle saison a débuté et les restrictions administratives se sont prolongées, menaçant la tenue de la saison alors que la précédente avait déjà été interrompue dès le mois de mars, lors du premier confinement. Les clubs européens ont tenu à poursuivre le championnat en acceptant de recevoir les équipes « volontaires » en fin d’année, puis une assemblée générale de la LNB début décembre a acté l’organisation de deux matchs à huis clos par équipe d’ici le 20 janvier, avec l’espoir de pouvoir à nouveau accueillir du public à partir de cette date. Las : avec la persistance de la crise sanitaire et le couvre-feu à 18h sur tout le territoire, la réouverture des salles n’est pas d’actualité, et le débat fait rage parmi les acteurs du basket français entre les partisans de jouer «quoi qu’il en coûte» et ceux qui désirent stopper les frais et se retourner vers le chômage partiel.

A Roanne, la direction a rappelé son opposition aux matchs à huis clos et l’entraineur Jean-Denys Choulet l’a clamé haut et fort en conférence de presse samedi soir, après la défaite face à Strasbourg (78-82) :

150 000 € de pertes par match à domicile à huis clos

Une autre donnée entre en compte pour les basketteurs roannais : si la saison s’achevait avant que 50% des matchs de saison régulière n’aient été disputés, aucune montée ni descente n’interviendrait en juin prochain. Mais si ce cap est dépassé et que la saison régulière ne va pas à son terme, un ranking prenant en compte les résultats des derniers exercices ainsi que le Label Club déciderait du classement final. Et précipiterait deux clubs de Jeep Elite en ProB. Actuellement 16e au classement juste au-dessus de la zone rouge, la Chorale figure en… 18e position au ranking. Cette épée de Damoclès conjuguée au manque de visibilité sur la suite du calendrier n’instaure donc pas un climat de sérénité en coulisses à la Halle André-Vacheresse, d’autant plus qu’une majorité de présidents serait encline à poursuivre à huis clos. Ce qui signifie, outre le spectre d’une relégation au ranking, la contrainte supplémentaire pour les clubs rembourser des prestations aux partenaires et aux abonnés pour chaque match joué sans public. A Roanne, on communique sur des pertes à chaque rencontre à domicile de l’ordre de 150 000€. Pas négligeable pour un budget prévisionnel de 3,8 millions d’euros…

Photo Georges Burellier

Journaliste
Commentateur des matchs de la Chorale de Roanne