Le projet A45 est définitivement abandonné par l’Etat

Les opposants au projet ont organisé des rassemblements comme ici en 2017. Photo ACTIV RADIO

MAJ 18h45

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, recevait ce mercredi matin à Paris les parlementaires de la Région Auvergne Rhône-Alpes pour leur annoncer l’abandon de l’autoroute A45. Le gouvernement préfère investir dans les axes routiers existants et le ferroviaire.

Les 400 millions d’euros de l’Etat maintenus

Selon la députée du Gier, Valéria Faure-Muntian, présente à cette réunion, Elisabeth Borne a rencontré Laurent Wauquiez la semaine dernière mais estimant que la communication ne passait pas avec le président de la Région, elle a préféré convoqué les élus locaux pour présenter la programmation des investissements sur la mobilité. Concernant l’A45, le gouvernement préfère suivre les recommandations du conseil de l’orientation des infrastructures qui avait rendu un rapport en début d’année. Les raisons sont environnementales mais pas seulement. « La ministre met en avant le sous-dimensionnement des arrivées à la Fouillouse et à Lyon et le taux de subvention d’argent public à hauteur de 60% » explique la députée.

Quelles alternatives ?

L’Etat conserve le montant d’engagement de 400 millions d’euros pour plusieurs alternatives à court terme :

la création des bandes d’arrêt d’urgence sur l’A47 et sur les portions qui en sont dépourvues

A moyen terme c’est-à-dire dès que les études seront réalisées :

– traiter le noeud de Givors-Ternay avec l’élargissement à deux fois 3 voies ou un nouveau franchissement du Rhône en fonction des possibilités techniques

– la connexion à l’A46, le contournement Est lyonnais

– 30 millions d’euros pour les parkings-relais

un engagement fort sur le ferroviaire avec l’objectif de doubler le trafic (20 000 à 40 000 voyageurs par jour) : augmenter de 30% le trafic des trains soit un tous les quarts d’heure grâce à l’agrandissement des quais pour accueillir des TER plus longs.

Au printemps 2019, la loi de programmation des infrastructures de mobilité devrait passer en lecture à l’Assemblée Nationale.

Une victoire pour les opposants :

« C’est le fruit d’une mobilisation citoyenne qui a payé » se réjouit Maxime Combes, l’un des animateurs de la coordination des opposants à l’A45. « Quand vous lisez le rapport sur lequel se base la ministre Elisabeth Borne, il dit très clairement que suite aux mobilisations citoyennes importantes, le consensus régional n’est pas réuni et qu’il ne faut pas générer un conflit environnemental supplémentaire sur le territoire. Cette autoroute ne résolvant pas tous les problèmes de mobilité, elle est abandonnée. »

Les autres réactions

Réactions en chaine des partisans de l’A45

Et chez les partisans de ce projet d’A45, les réactions ne se font pas attendre. C’est la déception et la colère. Le collectif A45 parle d’une « erreur historique » et d’un « véritable désastre pour les habitants, les entreprises et l’ensemble des forces vives du grand bassin constitué par les Métropoles de Saint-Etienne et de Lyon« . 

Pour Georges Ziegler, président du département de la Loire, même constat. C’est le choc qui domine, notamment dans la façon de faire : 

Les opposants au projet ont organisé des rassemblements comme ici en 2017. Photo ACTIV RADIO

Journaliste