Prostitution dans un Airbnb à Montbrison : 50 clients présentés devant la justice

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Une  audience à venir au tribunal correctionnel de Saint-Etienne ce jeudi après-midi, pour une affaire de prostitution. 

Nouvelle forme de prostitution 

C’est une « nouvelle forme de prostitution » souligne le parquet de Saint-Etienne. L’activité se déroulait de façon régulière dans un logement situé à Montbrison, loué par la plateforme Airbnb.

Le tribunal alerte sur ces pratiques, se tenant au sein d’appartements en location de courte durée, posant ainsi « la question de la responsabilité pénale des logeurs« .

Cinquante clients environ « ont tous été présentés devant un délégué du procureur de la République spécialisé, au tribunal de proximité de Montbrison, pour être jugés selon la procédure simplifiée d’ordonnance pénale ( 5ème classe ) ».

Ils se sont également vu remettre des documents destinés à leur faire prendre conscience de la réalité du système prostitutionnel, à retrouver ici : 

« Environ 85% des personnes prostituées en France sont d’origine étrangère. Elles sont principalement issues de Roumanie, de Bulgarie, d’Europe de l’Est, du Nigeria et de Chine. Les réseaux d’exploitation sexuelle fonctionnent sur le principe de la contraction d’une dette de passage pour l’arrivée en France. C’est la première étape du processus d’emprise. Pour rembourser leur dette, les victimes de la traite habituellement en situation irrégulière sur le territoire sont presque toujours contraintes de se prostituer. Elles peuvent y être obligées de plusieurs façons : ainsi de la soumission filiale, des violences physiques et psychologiques ou encore du chantage opéré sur les familles restées dans le pays d’origine. Les réseaux rançonnent par la suite les personnes prostituées en récupérant l’essentiel de leurs gains, ce qui les empêche de rembourser leur dette et les rend durablement captives du système. Un univers marqué par la violence La réalité de l’activité prostitutionnelle est donc, le plus souvent, faite de contrainte et de violence, parfois extrême, d’exploitation sexuelle et de confiscation des gains, autant d’éléments qui appellent à une action déterminée contre ces réseaux.
Les violences font ainsi partie intégrantes de la vie des personnes prostituées. Ces violences sont perpétrées tant par les proxénètes au sein des réseaux de prostitution, que par les clients. 
La prostitution est également une violence en soi. La répétition d’actes sexuels imposés par la précarité, par l’argent ou par l’emprise des mafias et proxénètes est une violence sexuelle. Les conséquences destructrices sur la santé physique et psychologique des personnes prostituées sont lourdes (le taux de mortalité des femmes qui se prostituent est largement supérieur à celui de la moyenne des femmes). De ce fait, le recours aux substances psychotropes est récurrent dans cet univers anxiogèneLa responsabilisation du client dans les réseaux prostitutionnels 

Depuis la loi du 13 avril 2016, la loi française interdit tout achat d’acte sexuel. Les personnes prostituées sont reconnues comme des victimes et non plus comme des délinquantes, ce qui a justifié l’abrogation du délit de racolage. La loi susvisée a renforcé les moyens de lutte contre le proxénétisme et la traite d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle en protégeant mieux les prostituées qui témoignent, grâce à l’anonymat et à la possibilité d’entrer dans des parcours aidés de sortie de la prostitution. Le client est reconnu comme l’un des éléments essentiels du système prostitutionnel. Seuls les responsables les proxénètes, les réseaux ainsi que les clients sont punissables. Ainsi, responsabiliser le client, c’est lui indiquer clairement qu’il participe à l’exploitation d’êtres humains. Le client assume en effet une part de responsabilité dans le développement des réseaux de prostitution. Ainsi, il s’agit de mettre fin à l’impunité de ceux qui contribuent à ce système. »

Journaliste
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