Fin de la trêve hivernale ce jeudi soir

31 mars 2022 à 9h36 par Nicolas Georgeault

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Ce jeudi 31 mars est le dernier jour avant la fin de la trêve hivernale. Dès demain, les locataires pourront de nouveau être expulsé de leur logement.



La trêve hivernale, c’est quoi ?


La trêve hivernale est une période durant laquelle les locataires ne peuvent pas être expulsés afin d’éviter qu’ils se retrouvent à la rue dans le froid hivernal. Seuls les squatteurs, les époux expulsés du domicile familial par la justice ainsi que les personnes bénéficiant d’un relogement correspondant à leurs besoins familiaux sont susceptibles d’être exclus de leur domicile.


Jean-Pierre Peyrard, l’un des porte-paroles du collectif ligérien Pour que personne ne dorme à la rue, nous parle de leurs actions pour aider ceux qui se retrouvent sans logement :




Pour la première fois depuis 2019, la période n’est pas prolongée. La trêve a débuté le 1er novembre et a durée cinq mois. En 2021, elle avait été prolongée jusqu’au 1er juin, en 2020 jusqu’au 10 juillet.


Pour Jean-Pierre Peyrard, la trêve hivernale est un moment habituellement charnière :




Si aucune suspension de gaz, d’eau ou d’électricité ne peut avoir lieu durant cette période, EDF a annoncé ne pas couper l'électricité à ses clients qui ne payent pas leurs factures après le 1er avril. Leur consommation sera toutefois limitée à 1Kva.



Le rapport de la fondation Abbé Pierre


La fondation Abbé Pierre, en collaboration avec les étudiants de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, publie un rapport inédit sur ce que les ménages deviennent après leur expulsion à l’occasion de la fin de la trêve hivernale.


Un à trois ans après leur expulsion près d’un tiers des ménages n’ont pas retrouvé un vrai logement indique le rapport. Lorsque la situation de l’expulsion se présente les familles bénéficient en priorité des places dans les hôtels, les personnes seules ont tendances à vivre chez des amis ou de la famille. Il existe aussi des solutions de replis comme le recours à la location : AirBnB, la colocation ou les campings notamment.


Bien que toutes ces solutions aient de fortes limites 10% des ménages se retrouvent contraint de vivre un temps dans la rue. Une période supérieure à trois mois pour la moitié d’entre eux.


L’expulsion marque pour beaucoup une « rupture personnelle et un évènement traumatique » indique le rapport. 7 personnes sur 10 souffrent de problèmes physiques ou psychologiques et la scolarité de 43% des enfants est impactée par l’expulsion.




« Depuis l’expulsion, mes enfants ont eu des vies déstructurées, ma fille n’a pas eu son concours de médecine, mon fils n’a pas eu le barreau, mes enfants sont déprimés. Ma fille a un traitement avec un psychiatre. La situation est devenue catastrophique. Mes enfants étaient révoltés. » Paola dans le rapport publié par la fondation de l’Abbé Pierre.



Les conséquences sont sur le long terme conclu le rapport : sur le plan social, de la santé ou encore sur celui de l’emploi puisqu’un tiers des personnes interrogées ont dû abandonner leur activité professionnelle.