Le plan des présidents de l’ASSE pour sortir de la crise

Roland Romeyer et Bernard Caiazzo à l'issue du conseil de surveillance du 15 décembre 2017

Hier, en fin d’après-midi, les deux présidents de l’ASSE ont convié les journalistes pour une conférence de presse à l’issue du conseil de surveillance. L’occasion de réviser des lieux communs tout en faisant montre de l’union sacrée au plus haut du club.

 

Un plan qui va se dérouler en 3 axes

Faisons déjà un rapide état des lieux de la situation au plus haut niveau de l’ASS : Roland Romeyer est le président du directoire (gestion administrative et exécutive au quotidien) et Bernard Caiazzo, président du conseil de surveillance (qui doit donc superviser l’action du président du directoire). Une précision importante, dans ce fonctionnement bicéphale.

Dans une conférence de presse fleuve – de près de 55 minutes – Bernard Caiazzo a monopolisé la parole, présentant notamment le plan pour redresser les résultats sportifs de l’ASSE et poursuivre la structuration du club. Ainsi il se décline de la manière suivante :

1/ Avoir un mercato cohérent pour renforcer l’équipe : Bernard Caiazzo a bien précisé « ne pas vouloir de recrues, mais des renforts ». Pour ce faire, la cellule de recrutement mise en place il y a 8 mois, a été renouvelée, avec David Wantier – très décrié auprès des supporters – à sa tête. Et Roland Romeyer de préciser que 6 personnes seront « responsables » et devront rendre des comptes concernant le mercato hivernal : dont David Wantier, Dominique Rocheteau, Julien Sablé, Jean-Louis Gasset, et Ilan notamment.

 

2/ L’arrivée d’un Directeur Général de haut niveau pour épauler Roland Romeyer : c’est finalement l’annonce la plus intéressante de cette conférence de presse. Bernard Caiazzo, considérant l’âge du président du directoire (Roland Romeyer a 72 ans) et le sien – 64 ans – les deux hommes savent qu’ils ne resteront pas éternellement à la tête du club. Et après 13 ans de présidence partagée, la formule a peut-être vécue. Ainsi, ils considèrent comme essentielle l’arrivée d’un directeur général de haut niveau pour s’aligner sur le fonctionnement des plus grands clubs français et européens. Aucun nom, ni aucune date n’a été fixée, mais c’est un dossier sur lequel Bernard Caiazzo se consacre au quotidien.

 

3/ L’arrivée d’un investisseur puissant : condition sinequanone, selon Bernard Caiazzo pour faire en sorte que le club « se maintienne dans les places européennes » chaque année. Le président du conseil de surveillance, là non plus, n’a pas donné de date précise. Insistant simplement sur « le devoir de confidentialité » auquel il est astreint par la banque Lazard – en charge de vérifier la solidité financière des candidats à la reprise du club. Bernard Caiazzo invite donc les porteurs de projets sérieux pour l’ASS à se rapprocher de la banque Lazard, et espère une arrivée « à l’horizon 2018 ».

 

Caiazzo serein, Romeyer beaucoup plus nerveux

Mais ce qui était frappant dans cette conférence de presse, c’était le calme apparent de Bernard Caiazzo, face à la tension qui animait Roland Romeyer. Le président du directoire s’en prenant aux journalistes qui avaient relayé la soi-disant prise de contact entre Oscar Garcia et Jérémie Janot, avant que le Catalan ne démissionne, mi-novembre. Roland Romeyer, particulièrement agacé aussi au moment ou des journalistes s’interrogeaient sur la responsabilité de David Wantier dans les derniers recrutements manqués de l’AS Saint-Etienne. Le président du directoire répondait à côté, revenant sur « le manque de mise en confiance de Loïs Diony » au sein de l’effectif. Une attitude très nerveuse qui trouvait son paroxysme au moment de l’expulsion de Stéphane Ruffier, en seconde période. Roland Romeyer s’emportait alors, descendant de la tribune pour exprimer son mécontentement auprès de l’arbitre, sous les yeux d’un stade médusé.

 

La crise de nerfs ne semble donc pas se situer uniquement sur le terrain. La trêve va faire du bien à tout le monde. En espérant que l’ASS ne se retrouve pas en position de barragiste d’ici là…

Roland Romeyer et Bernard Caiazzo à l'issue du conseil de surveillance du 15 décembre 2017

Journaliste