Affaire de chantage à la vidéo intime : on connaît les réquisitions du procès en appel à l'encontre de Gaël Perdriau
Publié : 17h14 par Alexandra Chatelard
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5 ans de prison dont 2 avec sursis à l'encontre de l'ex-maire, une révélation inattendue, "des conneries de politique"... Retour sur la 5e journée de ce procès en appel à Lyon.
Depuis ce vendredi matin, au Palais de Justice de Lyon, se tient la 5e journée (ndlr, et normalement dernière) du procès en appel de l'affaire de chantage à la vidéo intime, qui a éclaté en 2022. A la barre, Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Étienne, Gilles Rosary-Lenglet et Samy Kéfi-Jérôme.
Cette cinquième matinée de procès était dédiée à la présentation des profils psychologiques de chacun des prévenus. D’abord, celui de Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’éducation de la ville sous le mandat Perdriau. L’ancien élu, depuis incarcéré, s’est montré repenti et raisonnable lors de sa prise de parole : "Quelque soit l’issue, je serais satisfait de la manière dont les débats se sont passés, ça participe à l’effort de reconstruction que je fais sur moi."
De son côté, Gilles Rossary-Lenglet, le lanceur d'alerte, par qui l'affaire à éclaté, mais aussi instigateur du piège, a été décrit par la cour comme ayant une "problématique de comportement dépressif" ainsi qu’une "fragilité narcissique et identitaire importante".
Mais le "coup de théâtre" est intervenu en milieu de matinée, aux alentours de 10h, lorsque Gaël Perdriau, debout à la barre, a fait une révélation inattendue au sujet d’un traumatisme vécu durant son enfance. Devant la cour, il a confié d’un ton sobre : "J’ai subi des viols de mes 7 à 12 ans, ce qui peut expliquer pourquoi je suis resté silencieux dans des situations où j’aurais du parler et réagir."
S’en est suivi un moment chargé d’émotions et d’amertume. Mireille, la femme de la victime, Gilles Artigues, 1er adjoint au maire, piégé dans la vidéo, s’est exprimée devant la cour. Elle est revenue sur les dix dernières années qu’elle a vécu : "J’ai vu mon mari extrêmement mal comme s’il était en train de se noyer." On a pu sentir l’agacement dans son témoignage : "Je me demandais tous les jours ‘mais qu’est ce qu’il se passe dans cette satanée mairie bon sang ?’" Mme Artigues s’est ensuite tournée vers Gaël Perdriau et Gilles Rossary-Lenglet, s’adressant directement à eux. "J’entends vos verrouillages psychologiques, mais vos histoires ne vous rendent pas irresponsables. Tout le monde ne fait pas des conneries comme ça, c’est inadmissible." Elle a finit par conclure d’un ton sec et grave : "c’est intolérable ce que j’ai vécu pour des conneries de politique bordel !"
Après ces prises de paroles, ce sont les avocats de l’accusation puis de la défense qui ont fait leurs plaidoiries.
Enfin, dans l'apres-midi, le procureur de la République a livré ses réquisitions. Pour l'ancien maire de Saint-Étienne, qui continue de clamer son innocence, il réclame 5 ans de prison dont 2 avec sursis. C'est inférieur à la condamnation du maire en 1ère instance (ndlr, 5 ans dont 4 ferme)
Le jugement devrait être mis en délibéré.
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