Affaire de la vidéo intime : Mediapart fait de nouvelles révélations

6 septembre 2022 à 19h45 par Nicolas Georgeault

A l'air libre
A l'air libre
Crédit: Capture d'écran Mediapart

Ce mardi 6 septembre dans l'émission « À l’air libre » Médiapart a dévoilé les coulisses de leur enquête sur le chantage politique à la sextape à la mairie de Saint-Étienne tout en révélant de nouveaux éléments.

Qui était le commanditaire ?

Antton Rouget : "quand on commence à faire des révélations, on ne jette pas un pavé dans la marre et ensuite on arrête d'enquêter, bien au contraire. Chaque nouvelle publication ouvre de nouveaux questionnements qu'il est pour nous important de résoudre afin de reconstruire l'ensemble du puzzle. [...] Il reste des questions en suspens, j'en prends deux principales sur lesquelles on travaille énormement en ce moment. C'est la question du commanditaire : qui et comment a pris la décision de piéger Gilles Artigues ? [...]"

De nouvelles révélations qui viennent compléter les articles de Mediapart qui ont révélés que Samy Kéfi-Jérôme, adjoint à la jeunesse à la mairie de Saint-Etienne avait fait chanter Gilles Artigues, rival politique du maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau dont il a été le premier adjoint. Ce dernier aurait été au courant de ce chantage. 

Pierre Gauttiéri, le directeur de cabinet de Gaël Perdriau était également au courant. Ce conseiller de l'ombre, dont le nom n'apparait même pas sur les sites de la ville et de la métropole, avait discuté avec Gilles Rossary-Lenglet, l'ex conjoint de Samy Kéfi-Jérôme d'un poste à la mairie de Saint-Etienne alors que ce dernier était dans une situation délicate professionnellement et personnellement. 

"Ce sont eux (Gaël Perdriau et Pierre Gauttieri) qui ont fait la commande" Gilles Rossary-Lenglet

Ce mardi soir, on apprend qu'une fois la vidéo tournée, elle aurait été montrée à Gaël Perdriau et Pierre Gauttieri dans la foulée. "C'était un moment d'hilarité" indique Gilles Rossary-Lenglet évoquant des pleurs de rires des deux hommes qui "se repassaient en boucle" la vidéo selon Gilles Rossary-Lenglet qui témoigne pour la première fois ce mardi soir dans A l'air libre sur Médiapart. Et l'ex-compagnon de Ssamy Kéfi-Jérôme est clair "ce sont eux qui ont fait la commande." 

Les subventions municipales  

Une possible rémunération de 50 000 euros aurait été versée via des subventions à des associations. Argent versé par la ville de SAint-Etienne. Là aussi Gilles Rossary-Lenglet fait le point : "il y a des frais, je ne suis pas seul sur l'opération. Ils m'ont expliqué : 'on va le faire passer via des subventions à des associations et elles te le reverseront (...) ça sera pour service rendu'" précise l'ancien compagnon de Samy Kéfi-Jérôme avant de poursuivre "on leur a passé des dossiers à remplir. Samy en a apporté directement. Tout a été voté en urgence."

"Ils ont fait passer ces subventions là, j'ai eu une autre partie en nature. J'avais par exemple une sculpture qui me plaisait, je l'ai eu à un prix très bas. Il ne fallait pas qu'on puisse dire si les impôts regardaient. Donc, officiellement, j'avais fait ci ou ça, j'étais payé de manière conséquente pour faire des tartes aux pommes lituanniennes ou pour faire vous voyez ce que je veux dire. Ils me faisaient une facture et des chèques réguliers. On ne pouvait pas tout me donner d'un coup, ça aurait alerté." Gilles Rossary-Lenglet

D'autres révélations pourraient-elles suivre ? 

Antton Rouget : "C'est une manière d'ouvrir un nouveau chapitre, ce qui ne veut évidemment pas dire que l'on va s'arrêter là, on est déterminé à continuer à enquêter sur cette affaire. A lire l'édition du Progrès ce mardi matin sur les différentes perqusitions à Saint-Etienne les services d'enquêtes sont également tout aussi déterminés."