Firminy : une trentaine de réfugiés ukrainiens vaccinés contre le Covid-19

7 juin 2022 à 16h00 par Nicolas Georgeault

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Jeudi dernier à l’hôpital le Corbusier de Firminy, le centre de vaccination qui était fermé depuis le 1er mars a rouvert pour vacciner 21 Ukrainiens qui ont fui la guerre.



Comment cette initiative s'est-elle mise en place ? 


« Je vais la mettre là, la dame » indique le docteur Jacques Charbonnier en tirant une chaise sur laquelle s’assoit l’une des réfugiées ukrainiennes venue se faire vacciner. Ce médecin à la retraite est responsable des réfugiés ukrainiens sur l’agglomération de Firminy « à la demande du conseil de l’ordre des médecins de la Loire suite à une demande de l’ARS (Agence Régionale de Santé) » confie-t-il. Il leur fait des consultations de médecine générale « et on règle les autres problèmes, j’ai des gens qui arrivent parfois sans traitement car ils n’ont pas pu le récupérer en Ukraine. »


Derrière les paravents blancs du centre de vaccination, qui accueillaient « 300 personnes par jour » durant le pic de l’épidémie selon Christophe Martina, le directeur du centre hospitalier le Corbusier de Firminy, les injections s’enchainent. « A gauche ? » demande Jacques Charbonnier pour savoir quel bras il pique : « Vous lui dites que si elle a mal, elle doit prendre du paracétamol ».


Le docteur Jacques Charbonnier est à l’origine de cette séance de vaccination : « j’ai voulu l’organiser dans un lieu décent et sécurisé » lui qui travaille à l’association Pierre Valdo, qui accueille notamment les réfugiés, « sur un banal lit... Au milieu des cartons ! » pointe-t-il du doigt.


« On a proposé la vaccination à des réfugiés ukrainiens sur l’hébergement collectif de Firminy. On a fait un recensement et on a eu des candidatures de personnes qui souhaitaient se faire vacciner » précise Serge Fayolle directeur départemental adjoint de l'ARS à Saint-Etienne. L’hôpital a alors « répondu à la sollicitation » complète Christophe Martina.



Un moyen de s'intégrer


Les situations sont variées, une première injection pour certains, un retour à zéro pour ceux qui avaient reçu des doses de vaccins non reconnus en France, ou encore un rappel pour d’autres. C’est le cas d’Anna Makarouk (АННА МАКАРУК). Elle est assise sur l’une des chaises rouges du centre pour s’assurer qu’elle ne fasse pas de malaise après sa dose de rappel Pfizer.


Elle est arrivée le « 28 ou le 29 mars » en France et « tout se passe bien depuis qu’elle est arrivée » traduit de l’ukrainien Olga Nikiforov, la cheffe du service de l’association Entraide Pierre Valdo notamment sur la mission Ukraine Loire Sud. « Elle a obtenu ses papiers [...] elle est actuellement hébergée. Elle est très reconnaissante » traduit-t-elle dans un français parfait teinté d’un fort accent russe, pays dont elle est originaire.


Ce sont « essentiellement des jeunes mamans avec des enfants en bas âge et quelques personnes âgées » qui résident aujourd’hui à Firminy explique le docteur Jacques Charbonnier. « Certains travaillent déjà, nous avons six compagnons à Emmaüs [...] tous les enfants sont scolarisés et les enfants en bas âge vont à la crèche » complète Olga Nikiforov.