Gilets Jaunes : les occupants du rond-point de Villars ont mis le feu à leur campement avant d'être délogés

19 décembre 2018 à 6h46 par Clémence DUBOIS TEXEREAU

ACTIV RADIO
Il n'y a plus de campement des gilets jaunes ce mercedi matin sur le rond-point de Villars. Tout est parti en fumée hier soir entre 19h et 20h. Un incendie volontaire décidé par les gilets jaunes eux-mêmes sous la menace d'une expulsion. En début de semaine le ministre de l'intérieur a assuré que les rond-points seraient évacués les uns après les autres…

ACTIV RADIO


Quelques heures avant l’incendie, hier matin, Marie Dufour s’était invitée sur ce campement… Reportage.


"La cabane du peuple"


Ils étaient une quarantaine à y vivre jour et nuit depuis un mois. A l'intérieur, une véritable petite maison équipée d'une cuisine qui permet de réchauffer la nourriture apportée par les habitants du coin : "des tripes, une soupe aux choux, un couscous, des pizzas..." explique l'un des occupants gilet jaune. "Les gens viennent et partagent un café avec nous, on discute sur nos conditions de vie, sur l'actualité". Un climat sein, convivial et chaleureux. Un cahier de doléance repose à l'entrée pour les visiteurs. Sous la toile de tente : la réserve de nourriture, beaucoup de fruits "on a besoin de vitamines C en ce moment", mais aussi des plats cuisinés sous vides, "des fois on manque un peu de pain". Ils sont trois ou quatre à tourner aussi la nuit. L'électrogène prêté par un agriculteur leur permet d'avoir l'électricité.

ACTIV RADIO
ACTIV RADIO

La moyenne d'âge comprise entre 45 et 60 ans


"Ici on est tous égaux, tous dans la même galère" lance Christophe 45 ans. Ce marchant ambulant qui vit en Haute-Loire et travaille du jeudi au dimanche a dépensé 2 500 euros en frais d'essence. "Ce qui fait chaud au cœur, ce sont les automobilistes qui klaxonnent et nous encouragent tous les jours". A Villars, on croise des retraités, des chômeurs, des commerçants, des agriculteurs, la moyenne d'âge étant de 45-60 ans. Les jeunes viennent davantage le soir. Personne ne se connaissait avant le mouvement. Ils ont appris à se faire confiance, discutent de l'actualité, des actions à mener, tissent des liens, s'enrichissent les uns les autres. "Une sorte d'agora reconstituée". Tous sont entrés dans la lumière et ne veulent plus retourner dans l'ombre. "On ne veut plus se cacher".

Plus de cabane à Mably, ni à Andrézieux


Et ce mercredi matin, donc, il n’y a plus de campement, plus de gilets jaunes sur ce rond-point de Villars. Mais cela ne les empêchera pas de poursuivre leurs actions nous disent-ils.  Aujourd’hui, ils seront ailleurs et la mobilisation va s'amplifier, c'est la promesse de certains.

A Mably, dans le Roannais, et à Andrézieux, même situation. Les cabane des gilets jaunes ont été incendiées mardi soir, anticipant ainsi une intervention imminente des forces de l'ordre pour les déloger.