Les urgences risquent de fermer à Montbrison et à Feurs selon les deux maires

21 avril 2022 à 12h52 par Nicolas Georgeault

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Le Centre Hospitalier du Forez qui comprend des urgences sur Feurs et Montbrison pour une seule direction fait face à un véritable risque de fermeture selon les maires des deux communes d’ici mai.  



Pourquoi les urgences pourraient-elles fermer ? 


« En avril-mai, les urgences fermeront sans aides » alerte Jean-Pierre Taite, le maire de Feurs et co-président du centre de surveillance des urgences. Les habitants pourraient avoir à faire 45 minutes de trajet pour se rendre aux urgences les plus proches.


Selon les maires des deux villes, la raison est le manque de trente médecins urgentistes en équivalent temps plein (ETP). De nombreuses périodes de travail ne sont pas pourvues. Une situation qui pousserait la direction à combler les déficits avec des intérimaires pour des missions de 24 à 48h, dont le coût serait beaucoup plus élevé.


Le budget total sur l’année est de 100 millions d’euros mais le déficit atteint les dix millions d’euros par an (chiffre donné par Christophe Bazile, maire de Montbrison et co-président du centre de surveillance du centre hospitalier).


Jean-Pierre Taite déplore le risque de fermeture :




Quelles sont les solutions ?


Pour continuer à faire fonctionner les établissements les deux maires ont réclamé fin janvier 50 millions d’euros à l’Etat au travers d’une motion (124 élus de l’agglomération Loire Forez ont voté pour et cinq se sont abstenus). L’argent serait investi pour mettre à niveau le bloc chirurgie mais aussi pour rénover l’EHPAD de Feurs.


 L’Agence Régionale de Santé a débloqué 25 millions d’euros depuis 2018. Une enveloppe de 15 millions d’euros a été octroyé il y a quatre ans mais l’argent a commencé à être réellement utilisé en février dernier dans le cadre de travaux de rénovation et de mise aux normes. Grâce à leur mobilisation, ils ont reçu dix millions d’euros supplémentaires.


Malgré cette aide, le risque de fermeture persiste selon les deux maires. « On ne sait plus comment alerter, est-ce qu’il faut qu’il y ait un drame ? » a déploré Jean-Pierre Taite. Le maire de Feurs a évoqué la possibilité de créer un collectif d’élus face à une telle situation. Ils envisagent si un « accident grave arrive sur notre territoire et que la personne n’est pas prise en charge correctement, de porter plainte pour non-assistance à personne en danger. »


En cas de fermeture des urgences, Christophe Bazile a évoqué la possibilité de mettre en place des soins d’urgences programmées. Une solution de replis qui nécessiterait recours au privé.



Le service public est-il en danger ?


Les deux maires ont fustigé le manque de moyen alloué au service public : « il faut arrêter l’hypocrisie de vouloir du public sans en donner les moyens » a notamment tonné Christophe Bazile. Depuis « plus de 15 ans l’hôpital public est en difficulté à Montbrison » martèle-t-il avant d’en cibler l’une des causes : « l’attractivité du privé est meilleure ».


Pour les deux maires, le mariage entre le privé et le public est obligatoire. L’EHPAD de Montbrison a par exemple fait l’objet d’un partage des de la gestion avec le groupe privé SOS Seniors en septembre 2021. « A Feurs l’imagerie est installée parce qu’il y a un partenariat public-privé » rappelle Christophe Bazile mais « localement on essaye de trouver des solutions avec le privé, pour les urgences il faut que ça vienne d’en haut » conclue-t-il.