Trois lycéens sur quatre anxieux à cause de l’école : les chiffres alarmants d’une enquête dans la Loire

Publié : 6h05 par Mattéo Suzat

Difficile d'être élève en ce moment
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Crédit : DR

À l’aube d'une nouvelle journée de mobilisation lycéenne, les représentants des lycéens ligériens ont lancé un grand sondage auprès des élèves concernés. Au total, plus de 1 370 réponses ont été récoltées. Des thèmes comme la santé mentale, le manque de personnel ou Parcoursup y sont notamment abordés.

Face à la souffrance grandissante dans les établissements d’enseignement secondaire, les lycéens ont décidé de sortir du silence. Si les manifestations et débordements ont fait parler d’eux ces dernières semaines, certains élèves ont décidé de passer à l’acte concernant leurs revendications. 

Car qu'y a-t-il de mieux que des chiffres pour illustrer des propos ? C’est ce que se sont dit les représentants des lycéens dans la Loire en mettant en place un grand sondage auprès des élèves. Résultat : plus de 1 370 réponses pour des lycéens répartis dans 57 lycées du département.

À travers cette étude, les représentants révèlent une situation d’urgence collective. Bien plus que des voix, le sondage fait parler les statistiques. Ce travail lève le voile sur des conditions d’étude pas toujours optimales et une détresse qui touche une grande partie de la jeunesse. Derrière ces réponses massives se dessine le portrait d’un système qui ne satisfait plus les élèves et où étudier est devenu une source d’anxiété permanente.

 

Une santé mentale mise à l’épreuve

Le premier constat alarmant concerne l’état psychologique des élèves au quotidien. Selon les résultats de ce sondage, trois lycéens sur quatre affirment ressentir une anxiété directement liée au cadre scolaire. Pour près d’un lycéen sur deux, les conséquences sur la santé mentale sont assez préoccupantes. Plus d’un élève sur cinq a déjà souffert de phobie scolaire ou développé des pensées suicidaires en raison du lycée.

Avec ces réponses-là, les jeunes expriment un besoin de sérénité et de considération dans leurs études, comme le souligne Ari, élève au lycée Honoré-d’Urfé à Saint-Étienne :

"Tout ce que l’on peut retenir du sondage, c’est que très peu d’élèves se sentent à l’aise avec l’état actuel du système scolaire." Avant de poursuivre : "On ne demande pas non plus d’avoir des établissements luxueux, on veut juste des conditions normales qui restent vivables pour tout le monde pour pouvoir étudier correctement."

 

Une pénurie de personnel enseignant mais aussi médical

Au-delà de la pression psychologique, le manque d’adultes pour encadrer et accompagner les jeunes alourdit le quotidien des établissements. Plus de la moitié des lycéens signalent et déplorent les absences récurrentes de professeurs ou une absence d’infirmiers et de psychologues au sein de leur lycée. Au total, seulement un élève sur cent estime que son lycée dispose de tout le personnel nécessaire.

Cette pénurie d’encadrants semble entraîner des effets immédiats sur la santé et la sécurité des élèves. En effet, plus de la moitié des sondés indiquent n’avoir pas pu être pris en charge à l’infirmerie lorsqu’ils en avaient besoin, faute de personnel présent.

Pour les élèves nécessitant un suivi particulier, la situation reste compliquée, car beaucoup restent dans l'attente d'une prise en charge ou souffrent d’un accompagnement bien trop insuffisant.

 

La peur de l’orientation, le rejet de Parcoursup

L’orientation constitue une autre source majeure d’inquiétude pour les élèves en fin de scolarité. La plateforme Parcoursup suscite une méfiance presque générale parmi les jeunes. En effet, 86 % des lycéens considèrent que cet outil est injuste et accentue les inégalités sociales. Les trois-quarts des répondants qualifient la démarche d’orientation comme étant complexe et particulièrement stressante. Seule une toute petite minorité d’élèves estime que la plateforme facilite réellement la recherche d’études supérieures.

Portés par ces résultats, 75% des lycéens déclarent soutenir le mouvement de contestation qui plane depuis plusieurs semaines. S’ils rejettent la violence, ils expriment une inquiétude face aux forces de police déployées, qu’ils jugent disproportionnées. 

Pour faire entendre leur voix de manière calme et constructive, les délégués lycéens comptent présenter ces données chiffrées aux décideurs publics. L'un des représentants, qui souhaite rester anonyme, explique la démarche adoptée : "Ces chiffres vont nous permettre d’appuyer nos propos lors de rencontres avec le préfet, par exemple." À travers cette démarche, l’ambition des élèves reste claire : obtenir des moyens pour l’Éducation nationale afin de "changer globalement l’éducation."


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