Cigarettes de contrebande : Saint-Etienne est l'une des villes les plus touchées de France

2 septembre 2022 à 8h17 par Quentin Verchère

Les premières affiches posées dans les abacs a Saint-Etienne
Les premières affiches posées dans les tabacs a Saint-Étienne
Crédit: Activ Radio

Une campagne de communication vient d'être lancée ! Les fédérations de Buralistes Auvergne-Forez ont décidé de se mobiliser contre le trafic de cigarettes de contrebande qui prend de l'ampleur d'année en année.

 Des chiffres alarmants

Afin de lutter contre la contrefaçon de cigarettes, 4 500 affiches sont déployées chez les buralistes dans toute la Loire et dans l'Auvergne. Cette campagne a pour but de sensibiliser les consommateurs sur le sujet. Laurent Mazal, Président des fédérations Auvergne Forez, revient sur le sujet.

"On veut faire comprendre aux gens que la vente de tabac ne se fait pas dans la rue mais dans les réseaux sous monopole d'Etat".

En Auvergne-Rhône-Alpes, on recense 16,4 % de contrefaçon de cigarettes en 2021 contre 2,5 % en 2019. Un phénomène, qui se propage surtout dans la ville de Saint-Étienne, avec un taux de 22 % en 2021. Cela représente l’équivalent de 1,3 million de paquets contrefaits, soit les ventes de 20 bureaux de tabac, dans la cité stéphanoise.

"C'est une plaque tournante de la contrefaçon sur la région. C'est un problème aussi de santé économique, le réseau légal se trouve en difficulté parce que c'est près de 1 million 300 000 paquets qui sont vendus rien que sur la ville de Saint-Étienne".

Un problème de santé publique

À Saint-Étienne, les bureaux de tabac souffrent eux aussi de ce fléau. Environ 80 tabacs sont présents sur la métropole et on en dénombre environ 20 en difficulté. Au-delà de ce problème, le phénomène peut avoir également de lourdes conséquences sur la santé des consommateurs, de quoi inquiéter Laurent Mazel.

"Le réseau des buralistes, ce sont des fabricants des grandes marques de tabac, qui ont des contraintes d'hygiène, de fabrications et qui vendent un produit qui est sécurisé pour la population. Aujourd'hui s'adresser aux réseaux des contrefaçons, c'est prendre le risque de ne fumer pas seulement du tabac, comme des excréments d'animaux par exemple". 

En France, et d'après une étude du cabinet KMPG, le chiffre d'affaires du marché parallèle est estimé à deux milliards d'euros. Rappelons aussi que si vous êtes pris la main dans le sac, en train d'acheter un paquet, vous risquez une amende de 135 euros.