Dossier de la Rédac :"la justice n'est pas un produit marketing"

27 novembre 2018 à 11h00 par Clémence DUBOIS TEXEREAU

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Plus de 100 tribunaux étaient en grève en France jeudi dernier. Retour sur le mouvement "Justice Morte" avec les professionnels de la Loire.

Fusion tribunal d'instance et grande instance


Les avocats mais aussi juges, greffiers, fonctionnaires protestent contre la réforme de la justice portée par la ministre Nicole Belloubet. Le texte actuellement examiné à l'Assemblée Nationale a pour objectif de moderniser la justice, accélérer et simplifier les procédures. "Ce n'est pas une justice bâclée" se défend la Garde des Sceaux. Mais pour les professionnels, le gouvernement veut supprimer l'accès du citoyen aux juges. Solange Viallard-Valézy, avocat depuis 30 ans au barreau de Saint-Etienne : "On ne se bat pas pour un intérêt corporatiste mais bien pour la défense des droits des justiciables. La justice est longue mais c'est le seul moyen d'avoir une justice indépendante."

Cette réforme prévoit, entre autre, de fusionner les tribunaux de grande instance et les tribunaux d'instance. C'est ici que l'on rend ce qu'on appelle "la justice du quotidien".

Moins de proximité


Ils craignent également la disparition des juridictions de proximité. Elise Yamani magistrate à Saint-Etienne :  "on va obliger les gens à passer sur des plateformes nationales pour certains contentieux A qui tout cela profite ? C'est une logique commerciale derrière. La justice assure la paix sociale, elle n'est pas un produit marketing et ne peut pas être gérée commune une entreprise." Même son de cloche pour Sandrine Blanc greffière au tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne depuis 18 ans, regrette surtout une forme de déshumanisation : "la dématérialisation va permettre au justiciable de rester chez lui et de consulter son dossier en ligne. Mais il n'aura plus ce lien privilégié avec nous pour l'aider".