Affaire du chantage à la vidéo intime : Mediapart révèle de nouveaux audios qui prouveraient l'implication de Gaël Perdriau

12 septembre 2022 à 17h02 par Nicolas Georgeault

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Le média d’investigation a révélé de nouveaux audios dans l’affaire de la vidéo intime qui a servi à faire chanter Gilles Artigues.

Les nouveaux extraits audios dévoilés par Mediapart, datant de novembre 2017 et juillet 2018, révèlent que Gaël Perdriau, le Maire de Saint-Etienne, et son directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, auraient fait chanter l’ancien adjoint de la ville. 

« Le Maire avait connaissance de l’opération et du contenu de la vidéo, mais les enregistrements de 2017 et 2018 que nous diffusons aujourd’hui révèlent qu’il a lui-même fait chanter Gilles Artigues. »

Gilles Artigues se serait plaint de ce chantage auprès de Gaël Perdriau évoquant notamment les conséquences d’une diffusion des images sur Internet. « Une fois que c’est sur les réseaux, c’est plus du chantage. C’est une exécution » répond Gaël Perdriau. Le maire de Saint-Etienne l'aurait également menacé : « on n'est pas obligés de les diffuser publiquement hein, en petits cercles avec parcimonie »Pierre Gauttiéri lui aurait aussi déclaré « si le fait que j’aille en taule vous fait tomber parce que vous passez pour une vieille pédale sur le retour, je n’en ai aucun problème ». 

« Je fonctionne exactement comme peut fonctionner un criminel. De la même manière, je n’ai aucune foi ni loi » Pierre Gauttiéri 

Lorsque Gilles Artigues fait part de son intention de se défendre en saississant le Procureur de la République Pierre Gauttiéri le menace « si vous faites ça, l’ensemble des parents des élèves qui sont dans la même classe que vos enfants recevront une copie du film. » 

Gilles Artigues victime de troubles anxieux

Pendant des années il n’a jamais parlé à personne de cette vidéo. L’article de Mediapart révèle que cela a provoqué chez lui des « états anxieux », avec des « symptômes lourds : troubles du sommeil, de l’alimention » énumère Mediapart évoquant un homme qui aurait même été jusqu'à "songer à s'éliminer".

Au moment des faits Gilles Artigues dit avoir été : « drogué, alcoolisé. Et j’ai été dans une situation qui n’était pas la situation normale » 

Des précisions sur les subventions municipales

Mediapart révèle que sur le volet financier, 50 000 euros de subventions municipales auraient été détournées, selon Mediapart, elles auraient été gérées par le cabinet du maire (et non par des services municipaux dédiés) et ont été attribuées à des associations nouvellement créées (moins d'un an d'existence). Les versements faits à l’association Lettonie-France à hauteur de 20 000 euros représentent également 30% de la ligne budgétaire sur l’année.