Une cinquantaine de Stéphanois ont recours au plan canicule mise en place par la ville

11 août 2022 à 7h48 par Nicolas Georgeault

Les bureaux du service senior de la mairie de Saint-Etienne
Les bureaux du service senior de la mairie de Saint-Etienne
Crédit: Les bureaux du service senior de la mairie de Saint-Etienne

Depuis le début de l’été, le plan canicule de la ville de Saint-Etienne est régulièrement activé. Comment est-ce que cela fonctionne ?

Le dispositif

Depuis la canicule de 2003, l’Etat oblige les communes de tenir à jour un registre des personnes vulnérables. Le choix est libre pour chacun de s’inscrire ou non. Une fois que les personnes sont enregistrées dans les listes, des employés de la mairie les appellent tous les deux jours lorsque des canicules sont annoncées.

Elles s'assurrent que tout va bien et rappelle les bons gestes à suivre. S’il n’y a pas de réponse, ils contactent la famille puis les auxiliaires de vie. La police peut intervenir à leur domicile pour vérifier qu'il ne leur soit rien arrivé au bout de trois jours sans réponse. Une situation qui n’est jamais arrivée cette année.

En quoi consiste les appels ?

« Notre échange s’oriente surtout sur le ressenti des personnes que nous appelons » explique Annie Boiron, infirmière à la ville de Saint-Etienne. Avec l’alerte orange à la canicule dans la Loire de la première semaine d'août, elle a passé son mercredi et son vendredi au téléphone. « On leur pose des questions sur leur santé : est-ce que la personne se sent bien ? » raconte-t-elle.

Elle a été la seule à appeler les cinquante personnes inscrites sur la liste. Elle a une fiche devant elle avec le détail des questions à poser « on leur demande s’ils ont bien fermé les fenêtres et les volets pour bien se protéger de la chaleur. Est-ce qu’elles ont un ventilateur ou un climatiseur chez elles ? [...] On leur donne également des conseils adaptés : s’habiller légèrement, boire régulièrement... »

L’appel qui dure trois à dix minutes a aussi un rôle social, « en particulier pour les personnes plus isolées qui n’ont pas d’échange avec qui que ce soit. L’appel est le seul contact qu'ils ont dans la journée. »  Les retours « sont très positifs et ils nous disent que c’est super » ajoute-t-elle avec un grand sourire.  

Peu de personnes touchées

Un quart des habitants de Saint-Etienne a plus 60 ans (contre 16,25% en France selon l’Ined) et cette proportion devrait être d’un habitant sur trois en 2030 selon le site de la ville.

Au total, 44 000 stéphanois ont plus de 60 ans aujourd’hui et pourrait potentiellement bénéficier de ces appels. Ils sont cinquante à y avoir recours, un nombre « en baisse » précise Gérard Duplain, conseiller technique en gérontologie à la ville de Saint-Etienne. Ils étaient le double à recevoir les appels l’an passé.

« C’est vrai que l’on a parfois du mal à ce que l’information passe auprès du public le plus isolé » explique Gérard Duplain qui ajoute « c’est pour cela que l’on démultiplie les sources d’informations, soit avec notre journal municipal, soit sur notre site internet, soit par le biais de la presse qui relaie nos campagnes canicule lorsqu’elles sont mises en place. »